Risques MajeursLes mesures de prévention du risque sismique

  •  La connaissance du risque

Elle s’appuie sur l’analyse de la sismicité historique (base www.sisfrance.net), les zonages sismiques et les études locales (microzonage sismique). Deux études particulières ont été réalisées récemment sur la commune de Clermont-Ferrand, la première concernant un prédiagnostic sur le microzonage sismique (rapport BRGM RP-57129-FR) et la seconde portant sur l’impact du séisme de Limagne de 1490 sur le bâti courant de la ville de Clermont-Ferrand (rapport BRGM RP-59153-FR).

  • La prise en compte des risques dans les documents d’urbanisme

Le code de l'urbanisme impose la prise en compte des risques dans les documents d'urbanisme. Ainsi, les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) permettent de refuser ou d'accepter, sous certaines conditions, un permis de construire dans des zones exposées.

  • La construction parasismique

En cas de secousse dont l’ampleur théorique maximale est fixée selon chaque zone, la construction peut subir des dommages irréparables, mais elle ne doit pas s'effondrer sur ses occupants. En cas de secousse plus modérée, l'application des dispositions définies dans les règles parasismiques doit aussi permettre de limiter les endommagements et, ainsi, les pertes économiques.

Depuis le 1er mai 2011, les nouvelles règles de constructions parasismiques fixent : la prise en compte de la nature du sol et du mouvement du sol attendu, la qualité des matériaux utilisés, la conception générale de l'ouvrage (qui doit allier résistance et déformabilité), l'assemblage des différents éléments qui composent le bâtiment (chaînages), et la bonne exécution des travaux.

Des mesures permettent d’adapter l’intérieur de la maison au séisme : l’accrochage des meubles lourds et volumineux aux murs, l’ancrage de l’équipement de sa cuisine et du chauffe-eau, l’enterrement au maximum des canalisations de gaz et des cuves, l’installation des flexibles à la place des tuyaux d’arrivée d’eau et de gaz et d’évacuation.

  • L’information préventive

Elle s’appuie sur le : le Dossier Départemental des Risques Majeurs, la transmission d’information aux maires (TIM) par la Direction Départementale des Territoires (DDT), l’information aux Acquéreurs et Locataires, l’information et la formation des professionnels, l’éducation des enfants via les sismos des écoles, la diffusion de brochures spécifiques relatives aux normes de construction parasismique et aux mesures individuelles permettant de renforcer les bâtiments déjà construits.

  • La prévision et la surveillance des phénomènes

Il n'existe malheureusement à l'heure actuelle aucun moyen fiable de prévoir où, quand et avec quelle puissance se produira un séisme. En effet, les signes précurseurs d'un séisme ne sont pas pour l’instant identifiables et interprétables. Des recherches mondiales sont cependant entreprises depuis de nombreuses années afin de mieux comprendre les séismes et de les prévoir. A défaut de prévision à court terme, la prévision des séismes se fonde sur l’analyse probabiliste et statistique. Elle se base sur l'étude des événements passés à partir desquels on calcule la probabilité d'occurrence d'un phénomène donné (méthode probabiliste) sur une période de temps donnée. En d'autres termes, le passé est la clé du futur.

  • La surveillance sismique se fait en Auvergne par 21 stations sismologiques :

10 sismomètres vélocimétriques dont 6 dans le Puy-de-Dôme : Saint-Agoulin, Saint-Victor-Montvianeix (La Plantade), Clermont-Ferrand (Cézeaux), Saint-Genès-Champanelle (Petit Puy de Manson), Champetières (Collangettes), Verneughol. 8 accéléromètres pour l'étude des mouvements forts, et des normes parasismiques. Ce réseau est une composante du Réseau Accélérométrique Permanent (RAP) basé à Grenoble. Cinq stations sont basées dans le Puy-de-Dôme à Clermont-Ferrand (Ledru), Olliergues, Le Mont-Dore, Orcines et Saint-Julien-la-Geneste.

3 stations du réseau pédagogique "Sismo à l'Ecole" complètent le dispositif. Deux sont implantées dans le Puy-de-Dôme à Chamalières (IUFM) et au collège des Ancizes-Comps. Elles sont installées dans les collèges et lycées pour favoriser le développement des sciences à l'école et sensibiliser les élèves aux risques naturels.

Le sismomètre est un capteur qui enregistre le mouvement du support sur lequel il se trouve fixé. Ce terme est le plus souvent employé en sismologie et désigne l'instrument qui enregistre les mouvements du sol. Le sismomètre est la version moderne du sismographe. Ces instruments sont en général classés selon le type de mesure physique. Les capteurs enregistrant la vitesse du sol sont appelés vélocimètres et ceux enregistrant l’accélération, accéléromètres. Les sismomètres vélocimétriques, très sensibles, sont installés dans les zones calmes, éloignés de toute perturbation (bruit urbain, chemin, animaux...).

Les accéléromètres, dédiés à l'étude du risque sismique, se trouvent fréquemment en pleine ville (mairie du Mont-Dore). Ils sont moins sensibles aux faibles bruits et ne saturent pas en cas de fort tremblement de terre.

Les données sont collectées par l’Observatoire de Physique du Globe de Clermont-Ferrand (OPGC) et centralisées au niveau national à Strasbourg par le Bureau Central de Sismologie Français (BCSF).

Ce suivi de la sismicité française permet d’améliorer la connaissance de l’aléa régional, voire local en appréciant notamment les effets de site. En 47 ans, 3000 séismes ont été enregistrés par ce réseau, soit actuellement une moyenne de 100 séismes par an, dont un à deux événements de magnitude 3 ou 3.5 qui peuvent être ressentis par la population. C’est également un outil de surveillance d'une éventuelle reprise d’activité volcanique en Auvergne.