Les risques majeurs dans le Puy-de-Dôme

Le risque mouvement de terrain dans le Puy-de-Dôme

Un mouvement de terrain est un déplacement, plus ou moins brutal, du sol ou du sous-sol, d'origine naturelle ou anthropique. Le volume en jeu est compris entre quelques mètres cubes et quelques millions de mètres cubes. Le déplacement peut être lent (quelques millimètres par an) ou très rapide (quelques centaines de mètres par jour).

  • Le retrait-gonflement des sols argileux

Les phénomènes de retrait-gonflement de certaines formations géologiques argileuses affleurantes provoquent des tassements différentiels qui se manifestent par des désordres affectant principalement le bâti individuel. En France métropolitaine, ces phénomènes, mis en évidence à l'occasion de la sécheresse exceptionnelle de l'été 1976, ont pris une réelle ampleur lors des périodes sèches des années 1989-91 et 1996-97, puis dernièrement au cours de l’été 2003.

Le Puy-de-Dôme fait partie des départements français fortement touchés par le phénomène, puisque 4 111 sinistres imputés à la sécheresse, répartis dans 122 communes du département, y ont été recensés dans le cadre de l’étude menée par le BRGM en 2010. Au 23 novembre 2010, 96 communes sur les 470 que compte le département ont été reconnues au moins une fois en état de catastrophe naturelle pour ce phénomène, pour des périodes comprises entre mai 1989 et mars 2006, soit un taux de sinistralité de 20,4 %.

Sur une superficie départementale totale de 8 016 km2,

  • 9,8 % sont classés en aléa fort ;
  • 11,5 % sont classés en aléa moyen ;
  • 18,3 % sont classés en aléa faible ;
  • 60,4 % correspondent à des zones a priori non concernées par le phénomène.

  • Les glissements de terrain

Les glissements de terrain se produisent généralement en situation de forte saturation des sols en eau. Ils peuvent mobiliser des volumes considérables de terrain, qui se déplacent le long d'une pente. Les mouvements de terrain (en particulier les glissements) sont les plus densément présents dans les formations sédimentaires d’âge tertiaire situées sur les coteaux de Limagne. Parmi les formations sédimentaires, les marnes de l’Oligocène et les argiles d’âge tertiaire plus ou moins remaniées sont les plus sensibles au phénomène de glissement de terrain, tandis qu’une faible minorité est observable dans les altérites de socle.

  • Les chutes de blocs

L'évolution des falaises et des versants rocheux engendre des chutes de pierres (volume inférieur à 1 dm3), des chutes de blocs (volume supérieur à 1 dm3) ou des écroulements en masse (volume pouvant atteindre plusieurs millions de m3).
Les blocs isolés rebondissent ou roulent sur le versant, tandis que dans le cas des écroulements en masse, les matériaux se propagent à grande vitesse sur une très grande distance.

Très courants dans le Puy-de-Dôme, les phénomènes de chutes de blocs sont dus principalement à la vigueur du relief.

Trois configurations principales peuvent être retenues :

- des bordures de coulées basaltiques reposant sur une base argileuse (exemple de La Roche Noire), notamment au droit des édifices volcaniques de Limagne ;

- des gorges entaillées dans les formations métamorphiques avec en pied des enjeux divers comme des routes ou des habitations (exemple de Saint-Floret) ;

- des terrassements de talus de déblai rocheux au droit des routes, en particulier dans la Chaîne des Puys et le Livradois-Forez.

 

  • Les effondrements de cavités souterraines

L'évolution des cavités souterraines naturelles (dissolution de gypse par exemple) ou artificielles (carrières et ouvrages souterrains hors mine, marnières) peut entraîner l'effondrement du toit de la cavité et provoquer en surface une dépression généralement de forme circulaire. Les effondrements de cavités souterraines, bien que peu nombreux dans le Puy-de-Dôme, ne sont pas à négliger en raison de la diversité des contextes auxquels ils sont associés, et de leur impact sur le développement de l’urbanisme dans quelques communes.

Dans le département du Puy-de-Dôme, les effondrements concernent plusieurs types de cavités :

- Les anciennes mines de charbon localisées le long du Sillon houiller comme à Messeix ou à Saint-Eloi-les-Mines. En général, la localisation de ces anciennes mines est bien connue et les mairies en tiennent compte dans les documents d’urbanisme.

- Les anciennes mines de calcaires bitumineux de Pont-du-Château et de Dallet. A Pont-du-Château, l’effondrement d’une partie de l’ancienne mine en 1983 a entraîné l’expropriation définitive d’une dizaine d’habitations situées à son aplomb.

- Les anciennes carrières de calcaire à chaux comme à Cournon. Ces cavités posent d’autant plus de problèmes que leur position est mal connue.

- Les caves sur les communes d’Aubière et de Clermont-Ferrand génèrent de temps à autre des effondrements.

  • Les coulées de boue

Les coulées de boue consistent en la propagation de matériaux sans cohésion ou ayant perdu leur cohésion dès la mise en mouvement, matériaux intimement mélangés à une quantité d'eau telle que la masse en mouvement a franchi sa limite de liquidité. Ces coulées peuvent se produire à la suite d'un glissement. Les matériaux susceptibles de perdre ainsi leur cohésion sont des argiles, des limons, des sols, des roches décomposées ou des éboulis fins.

La coulée de boue est le plus rapide (jusqu'à 80 km/h) et le plus fluide des différents types de mouvements de terrain. Elle est composée d'au minimum 30 % d'eau. Les coulées de boue recensées dans le département sont en général de taille réduite et la majorité se produit en terrains sédimentaires.

Le cas typique correspond à un ruissellement intense dans un champ dont on a arraché les haies pour en faciliter l’exploitation. En général, les coulées se produisent au printemps et à l’automne lorsque les terres sont travaillées. Les extensions peuvent être larges mais les hauteurs de boue sont souvent faibles. Les pentes dans lesquelles se produisent ces coulées peuvent être peu accentuées (10° environ).

  • Les érosions de berges

S’ils peuvent être nombreux, les phénomènes d’érosion de berges, parfois spectaculaires, ne présentent le plus souvent pas d’enjeux majeurs dans le département, à l’exception de zones agricoles et, dans de rares cas, des infrastructures sont menacées.

En savoir plus :

Carte des mouvements de terrain

Carte des sols argileux

Carte des cavités souterraines