Les risques majeurs dans le Puy-de-Dôme

Le risque minier

Le risque minier est lié à l’évolution des vides miniers et des ouvrages (puits, galeries) abandonnés et sans entretien du fait de l’arrêt de l’exploitation. Ces cavités souterraines présentent des risques potentiels de désordres en surface pouvant affecter la sécurité des personnes et des biens, à plus ou moins long terme, selon la taille des cavités, leur profondeur, la nature et la qualité des sols.

En matière d’exploitation des ressources minérales, on distingue :

  • les carrières, à ciel ouvert ou souterraines, qui exploitent des matériaux de construction (calcaire, craie, sable, gravier, argile, gypse …), ou des matériaux industriels tels que la silice.
  • les mines, à ciel ouvert ou souterraines, d’où l’on extrait des minéraux stratégiques et concessibles par l’État : - les métaux tels que l’or, le fer, le cuivre, l’uranium ; - les combustibles tels que le charbon, le pétrole, le gaz naturel ; - les sels tels que la potasse ou le gemme.

La méthode d'exploitation des substances considérées – à ciel ouvert ou en souterrain – n'est donc pas déterminante et c'est la nature de la substance exploitée qui assujettit le chantier au régime légal des mines ou à celui des carrières.

Ainsi l’exploitation souterraine d’ardoises ou de marnes, relève du régime des carrières et a contrario, les exploitations à ciel ouvert de gisements de houille ou d'uranium, par exemple, sont des mines. La différence s'étend à la responsabilité post-exploitation. Au terme des travaux, une fois toutes les formalités administratives de fermeture accomplies et le retour des zones exploitées dans le droit commun pour les mines, la responsabilité des éventuels dommages pouvant survenir revient :

- au propriétaire des terrains pour les carrières (puisqu'il a tiré profit de l'exploitation au travers du contrat de fortage),

- à l’État pour les mines en cas de défaillance ou de disparition de l'exploitant car le propriétaire de l'assiette foncière n'est pas propriétaire de la mine qui elle, a appartenu temporairement à l'exploitant durant la validité du droit minier.

Les aléas liés aux carrières et plus particulièrement ceux liés aux carrières souterraines ainsi que les aléas dus aux cavités naturelles ou artificielles (souterrains, caves par exemple) ne relèvent pas du domaine minier. Le risque minier est donc spécifiquement afférent à la présence d'anciennes mines.

Les causes

Le risque minier est lié à l’évolution des vides miniers et des ouvrages (puits, galeries) abandonnés et sans entretien du fait de l’arrêt de l’exploitation. Ces cavités souterraines présentent des risques potentiels de désordres en surface pouvant affecter la sécurité des personnes et des biens, à plus ou moins long terme, selon la taille des cavités, leur profondeur, la nature et la qualité des sols.

 

Les conséquences

Les manifestations en surface du risque minier sont de plusieurs ordres en fonction des matériaux exploités, des gisements et des modes d’exploitation. Les aléas liés aux mouvements de terrains sont :

  • les mouvements au niveau des fronts de taille des exploitations à ciel ouvert ou des terrils : ravinements liés aux ruissellements, glissements de terrain, chutes de blocs, écroulement en masse ;
  • les affaissements d’une succession de couches de terrains avec formation en surface d’une cuvette d’affaissement :

  • l’effondrement généralisé par dislocation rapide et chute des terrains sus-jacents à une cavité peu profonde et de grande dimension :

  • les fontis avec un effondrement localisé du toit d’une cavité souterraine, montée progressive de la voûte débouchant à ciel ouvert quand les terrains de surface s’effondrent :

Pour tous ces phénomènes, les dommages peuvent être importants et affecter les bâtiments, la voirie ainsi que les réseaux notamment de gaz et d’eau. Selon leur nature, les anciennes exploitations minières peuvent générer d’autres risques : pollution de l’eau, inondation par remontée des eaux en zones affaissées, explosions gazeuses (grisou), émissions de gaz asphyxiants, toxiques ou de radioactivité (uranium ou radon).

Les affaissements en surface provoquent des dégâts sur le bâti avec fissurations, compressions, mise en pente...Les travaux miniers peuvent également perturber les circulations superficielles et souterraines des eaux : modifications du bassin versant, du débit des sources et des cours d’eau, apparition de zones détrempées à l’arrêt du chantier (notamment en raison de l’arrêt du pompage et de l’ennoyage de la mine). A ce jour ce type d'aléa n'est pas connu dans le département.

Enfin l’activité minière peut s'accompagner de pollutions des eaux souterraines et superficielles et des sols du fait du lessivage des roches fracturées par les travaux miniers (fluorine, arsenic, métaux lourds comme, le plomb, l'argent, le cadmium, l'antimoine, le zinc, le cuivre et les substances radioactives…). De même pour les sites miniers présentant des unités de traitement de minerais ou des métaux lourds qui peuvent se retrouver dans les résidus de traitement (haldes et terrils) soumis à l'érosion (exemples : résidus de laveries minières à Pontgibaud, Bromont-Lamothe, Chapdes-Beaufort, St-Pierre-le-Chastel, Auzelles…).

  • L’Auvergne

compte environ 350 sites miniers connus depuis 1750. Un examen de la totalité de ces sites a permis d’identifier une série d’aléas susceptible de porter atteinte à la sécurité des personnes et des biens :

- une dizaine de grands bassins d’exploitation présentant des aléas de mouvements de terrains

- une quarantaine de communes sont précisément concernées par l’aléa d’effondrement localisé.

  • Le département du Puy-de-dôme

a connu essentiellement des exploitations de mines de charbon, de plomb-argentifère, de bitume et à un degré moindre de fluorine, d'antimoine, d'arsenic et d'uranium.

Toute exploitation minière a cessé depuis 1988 dans le département du Puy-de-Dôme, avec la fermeture des mines de houille de Messeix et celle de bitume dite "du Cortal" à Dallet en 1985.

Les aléas inventoriés dans le département sont essentiellement liés aux mines :

- de charbon des bassins miniers de "Brassac-nord", de Messeix et de St-Eloy-les-Mines,

- de bitume sur Pont-du-Château, Dallet, Ménétrol, Lussat, Malintrat et Chamalières,

- et à un degré moindre, de plomb argentifère de "Pontgibaud-Sud" (Pontgibaud, St-Pierre-le-Chastel, Bromont-Lamothe) mais ceux-ci ont été réduits en 2008-2009 avec la fermeture de tous les ouvrages miniers ouverts et dangereux, et d'alunite à Madriat et à Augnat. Différents désordres ont pu être inventoriés :

  • effondrement des Grousseaux en 1987 à Messeix,
  • à Pont-du-Château dans le quartier du Serpolet en 1983.
  • Aucune victime dont le décès serait lié à un sinistre minier n'est recensée à ce jour dans le Puy-de-Dôme.