Les risques majeurs dans le Puy-de-Dôme

Le risque rupture de barrage

Le phénomène de rupture de barrage correspond à une destruction partielle ou totale d'un barrage. Une rupture de barrage entraîne la formation d'une onde de submersion se traduisant par une élévation brutale du niveau de l'eau à l'aval.

Un barrage est un ouvrage artificiel ou naturel (résultant de l'accumulation de matériaux à la suite de mouvements de terrain), établi en travers du lit d'un cours d'eau, retenant ou pouvant retenir de l'eau.

Les barrages ont plusieurs fonctions, qui peuvent s'associer :

- la production d'énergie électrique,

- la régulation de cours d'eau (écrêteur de crue en période de crue, maintien d'un niveau minimum des eaux en période de sécheresse),

- l'irrigation des cultures, l'alimentation en eau des villes,

- la retenue de rejets de mines ou de chantiers,

- le tourisme et les loisirs,

- la lutte contre les incendies…

On distingue deux types de barrages selon leur principe de stabilité :

  • le barrage poids, résistant à la poussée de l'eau par son seul poids. De profil triangulaire, il peut être en remblais (matériaux meubles ou semi-rigides) ou en béton ;
  • le barrage voûte dans lequel la plus grande partie de la poussée de l'eau est reportée sur les rives par des effets d'arc. De courbure convexe tournée vers l'amont, il est constitué exclusivement de plots de béton.

Les causes

Les causes de rupture peuvent être diverses :

  • techniques : défaut de fonctionnement des vannes permettant l'évacuation des eaux, vices de conception, de construction ou de matériaux, vieillissement des installations,
  • naturelles : séismes, crues exceptionnelles, glissements de terrain (soit de l'ouvrage lui-même, soit des terrains entourant la retenue et provoquant un déversement sur le barrage),
  • humaines : insuffisance des études préalables et du contrôle d'exécution, erreurs d'exploitation, de surveillance et d'entretien, malveillance…

Les conséquences

L'onde de submersion ainsi que l'inondation et les matériaux transportés, issus du barrage et de l'érosion intense de la vallée, peuvent occasionner des dommages considérables :

  • sur les hommes : noyade, ensevelissement, personnes blessées, isolées ou déplacées,
  • sur les biens : destructions et détériorations aux habitations, aux entreprises, aux ouvrages (ponts, routes, etc.), au bétail, aux cultures ; paralysie des services publics, etc.
  • sur l'environnement : endommagement, destruction de la flore et de la faune, disparition du sol cultivable, pollutions diverses, voire accidents technologiques, dus à l'implantation d'industries dans la vallée (déchets toxiques, explosions par réaction avec l'eau, etc.).

La France compte 101 barrages stockant plus de quinze millions de mètres cubes implantés majoritairement dans des régions montagneuses : le Massif Central, les Alpes et les Pyrénées.

Le recensement des barrages suite au décret 2007-1735 du 11 décembre 2007 codifié (art R214-112 du code de l’environnement) relatif à la sécurité des ouvrages hydrauliques est encore en cours, notamment pour le recensement des ouvrages de classe D.

Carte de France des barrages soumis à PPI (hauts de plus de 20 mètres et dont le volume dépasse 15 millions de mètres cubes)

  • Le Puy-de-Dôme compte :

- 1 barrages de classe A (Hauteur > 20 m) stockant plus de 15 quinze millions de mètres cubes (Les Fades), soumis à PPI

- 6 barrages de classe A stockant moins de 15 quinze millions de mètres cubes (Anchal, Miodet, Montaigut, Pradeaux, Queuille, Sep)

- 3 barrages de classe B (Hauteur > 10 m) à Aubusson d'Auvergne, Bourboule, et Taurons

- 16 barrages de classe C (Hauteur > 5 m) à Chalas, Chancelade, Château Gaillard, Durat, étang Philippe, Gravière, Hermines, Marins, la Prade, les Prades, Rapine, Redevis la Muratte, Tarentaine, la Tour d'Auvergne, Vendes, Vernet - 6 barrages de classe D (Hauteur > 2 m) inclus dans des concessions hydroélectriques et des milliers de barrages relevant du code de l'environnement en cours de recensement.

Le Puy-de-Dôme compte un seul barrage soumis à un plan particulier d'intervention (PPI) : le barrage des Fades sur la Sioule. Néanmoins, le département est également concerné par l’onde de submersion du barrage de Naussac (soumis à PPI) en Lozère sur la rivière Allier. Aucune rupture partielle ou totale n’a jamais été constatée dans le département.